CRITIQUES D'ART.

VALÈRIA JAKOB-DÈVAN

Commentaire à l'occasion du vernissage de l'exposition de Catherine Schmid à la galerie » Im Weissen Haus », Winterthour, Suisse – 25.02.1994.

Ses tableaux sont quasi abstraits et se situent mi-chemin entre la réalité et l'abstraction. Nous regardons souvent ses types d'oeuvres avec de la distance, comme la manque d'un contenu concret nous laisse dans un état de confusion. Quand il n'y a pas de connexion à la réalité, nous cherchons tout de suite des associations, des souvenirs. Pourquoi est-ce que nous ne cherchons pas des sentiments ? Paul Klee a exprimé si bien cette idée : «L'art ne reproduit pas ce qu'on voit, l'art rend les choses visibles.» Catherine Schmid nous montre ses pensées, quand elle emploie les côtés des wagons de trains de marchandises comme thème dans ses oeuvres. De ses objets que nous connaissons et que nous voyons si souvent, elle crée quelque chose d'extraordinaire, un tableau. Ce tableau ne montre pas encore une fois ce que nous voyons pas normalement, au contraire, nous voyons ce que nous observons d'une nouvelle manière. Nous accompagnons l'artiste dans un voyage, qui a ses origines dans la journée quotidienne, qui à notre étonnement, nous mène à découvrir un nouveau monde. Ce que nous voyons tous les jours devient très spécial et esthétique.

Comment est-ce que Ciceron l'a exprimé ? «Le pouvoir des tableaux est qu'ils suggèrent quelque chose sans le dire.» Catherine Schmid emploie différentes techniques dans ses créations : collage de papiers qu'elle prépare elle-même, pas «ready mades» comme le papier de journal ou le papier peint. Elle ne conçoit pas les détails de son oeuvre avant de commencer. Au contraire, elle travaille d'une manière spontanée où les coïncidences jouent un rôle. Ses oeuvres nous invitent à nous arrêter et à observer. Ses tableaux sont souvent «ad memoriam» et narratifs et suscitent des souvenirs. En tout cas, ils sont énigmatiques. Kurt Burgauer le dit : «Les seuls tableaux qui vont survivre, sont ceux où nous ne pouvons pas dire le dernier mot.»

FLORENCE CALISE

La galeriste, Florence Calise, décrit le travail de Catherine Schmid à son exposition en 2007 en France :

«Un langage à travers une abstraction sensitive, telle est la recherche picturale de Catherine Schmid.  Au départ, un motif, puis elle va le développer,  l'éclater, le multiplier. L'analyse minutieuse et la maîtrise de la forme guident sa main au cours de la composition d'un collage aussi bien qu'au travers des couleurs étendues énergiquement sur la toile, illustrant une vitalité de l'écriture.

De leur opposition consciemment étudiée découle transparences, clarté et légèreté de ligne.

Laissez-vous porter par ces peintures à la fois fortes et légères, qui révèlent la vie intérieure de l'artiste, sentiments, 

émotions, intuition».

Michel Pelepol, commissaire de l'exposition «out of the darkness» à la Donation Mario Prassinos à Saint Rémy de Provence en 2010, décrit son travail : «En passant du noir au blanc et du blanc au noir, Catherine Schmid nous démontre que le noir en tant qu'évocateur du néant et du chaos, est l'obscurité des origines. Il précède la Création. Ainsi à travers la nuit, commence à percer la Lumière de la Création, la création artistique mais aussi la Création qui symbolise la fin du chaos par l'entrée dans l'univers des formes, par l'instauration d'un ordre, d'une hiérarchie. Nous entrons dans l'oeuvre de Catherine Schmid comme aspirés par la mise en place de cet ordre, et une énergie débordante se transmet à ce que l'homme a de plus cher et de plus mystérieux en lui, la capacité de s'émouvoir».

MICHEL PELEPOL